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AKILA DAHACHE ARTISTE PEINTRE

May be art of Akila DahacheElle est entrée en peinture comme on entre dans le silence. Elle s’est absentée de son
quotidien pour enfanter ses œuvres en devenir. Et chaque peinture a été un cri, dont elle n’a
pas encore tout épuisé.
Akila Dahache a pris le temps de choisir ses chemins, de se tromper, de vivre ce qu’elle ne
pouvait éviter. Peut-être a-t-elle eu besoin d’étouffer pour découvrir qu’en peignant, elle
respirait mieux.
Fragile et forte tout à la fois, cette Kabyle a puisé dans la fierté de ses racines, la force de
remonter toutes les pentes « sans rien demander à personne ».
« J’ai abordé la peinture en 2014, en me laissant guider par mes sensations, par le besoin
d’exprimer une force, quasi indépendante de la volonté qui se trouvait en moi ».
Et elle en avait à dire puisque en deux ans et demi, elle peignait pas moins de deux cents
cinquante œuvres. « Comme si je mettais mes tripes sur la toile » dit-elle avec conviction !
Et cette femme sensible aux dimensions spirituelles qui émanent de l’être humain, a peint
chacun de ses tableaux comme « un cri de sa volonté », une œuvre unique.
De la Kabylie quittée, un quart de siècle plus tôt, sa peinture a gardé les empreintes du
printemps, des couleurs de la montagne, des traces laissées par ses rencontres.
Akila, c’est une peintre de l’instinct. Le pinceau ? Fort peu pour elle. Elle lui préfère d’autres
objets qui lui tombent dans la main : spaghetti, carton, fourchettes, outils…
Et elle se laisse aller. Au gré des couleurs qui lui viennent à l’esprit, au creux des chagrins qui émanent du plus profond d’elle-même.
« Parfois, il m’arrive même de cacher une toile quand elle est trop lourde de ces chagrins que
je porte ».
C’est que, dans l’œuvre d’Akila Dahache, les émotions, les douleurs, les sentiments qui
animent l’être humain, n’en finissent pas d’émerger.
De la femme et de l’artiste qu’elle est, de ces visages qui naissent sur ses toiles.
Des visages dont elle dit les mystères, la vie, les mystères les
souffrances peut-être.
En omettant les traits et en faisant pleurer les lèvres, des visages
tordus par on ne sait quelle douleur ou nimbés de mystère.
D’autres fois, elle se risque à la faire sourire… ou plutôt elle
esquisse l’ombre d’un sourire, elle y peint une certaine foi en
l’avenir et dans les autres.
Le temps sans doute de passer à des personnages réunis sur
la toile, par on ne sait quel destin qui leur serait commun.
Quand sa peinture délaisse les visages, les personnages, c’est pour éclabousser la toile de ces
cris qui reviennent. Comme un volcan qui entre en éruption, comme un cœur dans lequel les émotions seraient trop à l’étroit.